Vessie et wèi qì 卫气 : origine inférieure du qi défensif
Dans Théories fondamentalesPar Philippe Sionneau
Cet article est un extrait de la formation « Zang Fu » donnée par Philippe Sionneau à Paris durant l’année scolaire 2002-2003. Il était également le sujet de sa conférence au congrès international d'acupuncture au Québec, qui a eu lieu le 5 avril 2003.
Je suis bien conscient que les citations des textes anciens sont parfois traduites dans un style un peu haché et peu gracieux. C’est parce que j’ai voulu rester le plus proche possible du chinois afin d’éviter au maximum les distorsions de sens. Un petit effort permet cependant de toujours comprendre le sens de la phrase. Je suis aussi parfaitement conscient que l’usage répété de citations extraites des textes classiques alourdit le rythme de cet article. Mais, il est pour moi fondamental que l’affirmation de toute théorie essentielle puise sa justification dans les ouvrages qui ont construit le système médical chinois.
Pour bien saisir les relations entre la vessie et le Qi défensif, il faut d’abord se mettre d’accord sur la fonction première de la vessie : celle de mettre en réserve, non pas l’urine, mais les liquides. Après cette importante précision, nous entrerons dans le vif du sujet.
La vessie met en réserve les liquides (Pang Guang Cang Jin Ye)
Selon le Huang Di Nei Jing (1) (Classique interne de l’Empereur Jaune) la vessie met en réserve les liquides : « La vessie a pour charge les provinces et les capitales (2), elle met en réserve les liquides », (Huang Di Nei Jing Su Wen – chapitre 8) ; « La vessie est le palais des liquides », (Huang Di Nei Jing Ling Shu (chapitre 2). En fait, il faut replacer cette idée dans son contexte. Il faut tout d’abord se souvenir que la vessie reçoit des liquides de deux origines différentes : d’une part des reins, d’autre part de l’intestin grêle. En effet, quand les liquides clairs distribués par le poumon ont imprégné, humidifié, nourri l’ensemble des organes et tissus du corps, ce qui n’a pas été assimilé, le surplus, le trouble, est récupéré par les reins et envoyé dans la vessie.
Par ailleurs, quand l’intestin grêle reçoit la « bouillie alimentaire » (Shi Mi), il en sépare les éventuels liquides en surplus ou les liquides troubles (i.e. inassimilables) et les évacue vers la vessie. Ainsi, pour la médecine chinoise ancienne, la première fonction de la vessie est de mettre en réserve les liquides troubles ou présents en excès, en attendant qu’ils soient transformés pour être soit excrétés, soit réutilisés. C’est seulement lorsque ces liquides sont évacués qu’ils sont nommés « urine » (Niao Ye). C’est la raison pour laquelle le Nei Jing et bien d’autres classiques disent que la vessie met en réserve non pas l’urine mais les liquides (Jin Ye). « La vessie demeure en bas, dans un creux à l’intérieur [du corps], c’est pourquoi elle met en resserve les liquides Jin Ye. Dans le cas où ils obtiennent la transformation du Qi de la mer du Qi (3), alors l’urine s’écoule », (Su Wen Bing Ji Qi Yi Bao Ming Ji (4) – Recueil sur les mécanismes des maladies et l’adaptation du Qi du Su Wen pour protéger la destinée). Bien entendu, il se trouve aussi certains classiques qui disent que le liquide stocké dans la vessie est l’urine, comme par exemple le Zhu Bing Yuan Hou Zong Lun (5) (Traité général sur l’origine et les signes cliniques de toutes les maladies) : « Les liquides Jin Ye sont en excédent, ils entrent dans la vessie, c’est l’urine ». Mais ils sont minoritaires. De plus, le fait d’admettre que ce sont des liquides et non pas de l’urine qui sont stockés dans la vessie permet de comprendre les autres fonctions de la vessie. Pour bien comprendre les explications qui suivent, il est donc important de garder cet aspect en mémoire: ce qui est stocké par la vessie, ce sont les liquides des reins, ce qui est excrété par la vessie, c’est l’urine. Pour être évacués les liquides doivent être transformés en urine, ce qui se fait sous l’égide de la transformation du Qi (Qi Hua).
Ainsi, la vessie ne se contente pas de stocker les liquides, elle les excrète aussi. Cependant cette action se fait sous l’impulsion des reins qui gouvernent les deux orifices inférieurs. On peut dire que le métabolisme des liquides dépend de la rate, du poumon, de l’intestin grêle, du gros intestin, du trois foyers, des reins et de la vessie. Mais c’est le Yang Qi des reins qui soutient l’action de tous ces organes Zang Fu pour assimiler et excréter les liquides. C’est grâce à la fonction de transformation du Qi (Qi Hua) que les reins font s’écouler les liquides troubles dans la vessie et les transforment en urine au moment de leur évacuation. Ce sont eux qui donnent, par l’intermédiaire du Qi Hua, l’ordre à la vessie d’excréter ou retenir l’urine. « Les liquides sont mis en réserve dans la vessie, ils ne peuvent pas sortir spontanément. Il faut le mécanisme du Qi qui transmet et transforme, alors les liquides sortent, ce sont l’urine », (Wu Zhu Huang Di Nei Jing Su Wen (6) – Commentaires de Wu [Kun] sur le Huang Di Nei Jing Su Wen (7) ).
La transformation du Qi de la vessie (Pang Guang Zhi Qi Hua)
Pour affiner la relation existante entre la « transformation du Qi » et la vessie, il faut s’intéresser de plus près à cette notion. Le terme Qi Hua, comme c’est souvent le cas pour les notions fondamentales de la pensée médicale chinoise, se fonde sur une idée précise, mais qui décrit des phénomènes différents suivant le contexte dans lequel elle s’applique.
Tout d’abord, dans son sens le plus global, la transformation du Qi désigne l’ensemble des changements qui résulte des mouvements incessants du Qi. Les « transformations du Qi » peuvent être considérées comme la cause et le moteur des métamorphoses de tous les phénomènes de l’univers. Dans le contexte du corps humain, la transformation du Qi fait référence à l’ensemble des changements qui permettent à l’organisme de se maintenir en équilibre et de vivre. Cette application à l’homme se manifeste dans différents domaines comme par exemple la faculté du Qi Hua à engendrer du Qi, du sang, du Jing, des liquides, sa faculté à faire que ces différents substrats se transforment l’un d’en l’autre, sa faculté à permettre l’élimination des déchets qui naissent de ces transformations incessantes, etc.
Ensuite le terme « Qi Hua » désigne la capacité du feu ministre (8) à vaporiser et transformer l’eau des reins. Le feu transforme l’eau en Qi. Cette transformation de l’eau est appelée « transformation du Qi » car elle engendre un Qi particulier qui n’est autre que le Qi originel : Yuan Qi. « L’eau qui se disperse c’est du Qi, le Qi qui s’accumule c’est de l’eau », (Yi Deng Xu Yan (9) – La lampe médicale qui continue à étinceler). Pour bien saisir cette notion, il faut se rappeler que l’eau des reins dont il est question ici est un aspect du Yin/Jing. En d’autres termes, le feu ministre transforme le Jing des reins en Yuan Qi, ce dernier étant le Qi qui est à l’origine des autres transformations dans l’organisme.
Enfin, dans un sens plus restreint le terme « Qi Hua » désigne la transformation des liquides dans le trois foyers, et en particulier au niveau de la vessie, grâce au Yang Qi des reins. Chen Nian Zu (10) dans l’une de ses œuvres, nous rappelle ce fait : « La vessie a pour charge les provinces et les capitales, elle met en réserve les liquides, d’où peut émaner la transformation du Qi. Cependant [si] le Qi des reins est suffisant alors [il y a] transformation, [si] le Qi des reins est insuffisant [il n’y a] pas de transformation ». Dans ce contexte le Qi Hua s’exprime dans la transformation et la régularisation des liquides par le Qi des reins. On parle plus précisément de la fonction de « vaporisation des liquides ». « Ce qu’on appelle la transformation du Qi (Qi Hua), c’est le Qi au centre des reins, c’est le feu au centre du Yin. [Si] le Yin est sans Yang en son centre alors le Qi ne peut pas transformer, ce qui fait que la voie des eaux ne circule pas, déborde et devient de l’œdème », (Yi Xue Cong Zhong Lu (11) - Recueil de médecine suivant la tradition populaire). « La source de la transformation du Qi se trouve dans le Dan Tian qui est appelé mer inférieure du Qi. (…) Si le Qi originel est suffisant, le transport et la transformation sont normaux, la voie des eaux est naturellement libre », (Lei Jing (12) – Canon des classifications). Pour éviter toute confusion, on doit se rappeler que lorsqu’on parle de l’eau des reins, on fait allusion soit aux liquides stockés par la vessie, soit au Jing mise en réserve dans l’organe rein lui-même. Il faut toujours savoir dans quel système de référence on s’exprime. Ici, il est précisément question de la transformation des liquides Jin Ye des reins qui sont localisées dans la vessie.
Le Qi Hua qui touche la vessie permet d’engendrer deux types de liquides. Le premier est tout simplement l’urine, qui devient urine lorsqu’elle est évacuée. Le deuxième est la transpiration. En effet, les liquides des reins qui sont stockés dans la vessie sont vaporisés jusqu’au poumon qui les envoie par la suite vers la peau et les poils, en partie sous forme de transpiration. « Le Qi de l’eau/froid du Tai Yang suit le Shou Shao Yang trois foyers en montant, il sort à l’extérieur par la peau et les poils, c’est la transpiration, il suit le Shou Shao Yang trois foyers en descendant, il s’écoule dans la vessie, c’est l’urine », (Shang Han Fa Wei (13) – Elucidation [du traité] de l’attaque de froid). Ici l’auteur fait intervenir le trois foyers qui est la grande enveloppe dans laquelle l’ensemble des transformations s’opère. De plus le feu ministre, qui, comme nous l’avons vu plus haut, transforme le Jing en Qi, est également associé au trois foyers. Le même auteur, dans un autre ouvrage, insiste sur la relation transpiration/urine/vessie : « L’eau/froid du Tai Yang suit le trois foyers vers le bas vers la vessie, c’est l’urine. Grâce à la vaporisation du Yang des reins qui transforme la vessie, elle (l’eau de la vessie/Tai Yang) sort à l’extérieur par la peau et les poils, c’est la transpiration. Ainsi l’urine et la transpiration proviennent de la même origine », (Jin Gui Fa Wei (14) – Elucidation [du précis] du coffre d’or). Tang Zong Hai confirme ce point de vue : « La transpiration, c’est l’eau de la couche du Qi, son origine sort de la vessie », (Xue Zheng Lun (15) - Traité des syndromes du sang). Il est communément admis que la transpiration est engendrée par la partie « claire » des liquides troubles reçus par les reins en fin de processus, quand tous les organes et tissus ont été humidifiés et nourris, alors que les urines sont constituées du « trouble du trouble ». Le fait que la transpiration provienne en partie de cette source ne contredit pas le fait que ce liquide corporel soit par ailleurs associé au sang et au cœur. En fait la transpiration possède deux sources : les liquides de la vessie et le sang (en particulier celui du cœur). La première est plutôt en relation avec la défense du corps (voir plus bas), la deuxième avec la nutrition et la régulation de la température corporelle.
Par ailleurs, certains auteurs chinois s’accordent pour dire que l’eau qui est transformée par les reins n’engendre pas seulement de l’urine ou de la transpiration. En effet, la transformation des liquides de la vessie, fait naître un Qi particulier : Wei Qi, le Qi défensif. Car bien que de nombreux classiques y compris le Su Wen (chapitre 43) et le Ling Shu (chapitre 71) établissent le fait que le Qi défensif provient du Qi des aliments au niveau du foyer central, le Huang Di Nei Jing Ling Shu lui-même (dans le chapitre 18) évoque l’origine inférieure de ce Qi : « Le [Qi] défensif sort du foyer inférieur ». Par la suite d’autres textes sont venus confirmer ce point de vue. « La transformation du Qi au centre de l’eau de la vessie Tai Yang monte et se déploie vers l’extérieur, c’est le Yang du [Qi] défensif de l’extérieur », (Shang Han Lun Qian Zhu (16) – Commentaires élémentaires sur le traité des attaques de froid). « Le Qi transformé au centre de la vessie Tai Yang, suit la mer du Qi (Qi Hai), circule dans les carrefours du Qi (17), longe les membranes graisseuses en haut dans la poitrine et le diaphragme, entre dans le poumon, sort par le nez et devient le Qi de l’expiration qui sort. Le Qi de la transformation de la vessie, en même temps, traverse l’intérieur des membranes graisseuses, sort par les muscles et les chairs, se déploie dans la peau et les poils, c’est le Qi de la défense extérieur ». (Shang Han Lun Qian Zhu – Commentaires élémentaires sur le traité des attaques de froid). « [Dans] le corps humain, les reins et la vessie appartiennent à l’eau. Le Yang dans l’eau, [c’est] la transformation du Qi qui monte. Elle (i.e. la transformation du Qi qui fait monter le Qi) sort par la bouche et le nez , c’est donc alors la respiration. Elle remplit la peau et les poils, c’est donc alors le Qi défensif », (Ben Cao Wen Da (18) – Questions-réponses sur la matière médicale). « Le Qi du méridien du Tai Yang qui demeure à l’extérieur, c’est le Qi du Yang défensif [Wei Yang (19)]. Et ce Qi surgit du centre de l’eau froide de la vessie », (Shang Han Lun Qian Zhu – Commentaires élémentaires sur le traité des attaques de froid).
En fait c’est le Yang des reins qui est à l’origine de cette production de Qi défensif à partir des liquides contenus dans la vessie. Et, comme toute transformation, celle-ci est aussi le résultat de la transformation du Qi (Qi Hua). Il y a donc, selon les traités anciens, deux sources au Wei Qi : l’une centrale et l’autre inférieure. L’origine centrale provient du Qi des aliments au niveau de la rate et de l’estomac. L’origine inférieure provient des liquides troubles au niveau de la vessie. Ceci explique pourquoi, selon le Shang Han Lun (Traité des attaques de froid) le méridien de la vessie, le Tai Yang, est celui qui est en relation avec la défense du corps et qui est le lieu de la lutte entre le Qi régulier (Zheng Qi) et le Qi pervers (Xie Qi). « La vessie correspond au Tai Yang, on dit que c’est la Yang au centre de l’eau, il déploie vers l’extérieur le Qi défensif », (Xue Zheng Lun - Traité des syndromes du sang). « L’eau de la vessie se vaporise et s’agite alors elle se transforme en Qi, il se déploie à l’extérieur c’est le Qi défensif. La transformation du Qi du Yang des reins c’est le [Qi] défensif, il suit le méridien Tai Yang pour se disséminer vers l’extérieur », (Shang Han Lun Qian Zhu – Commentaires élémentaires sur le traité des attaques de froid). Encore plus explicite, Jing Ri Zhen dit : « Les liquides Jin Ye sont la source de la transpiration, la transformation du Qi de la vessie permet la sortie de la transpiration, c’est pourquoi Zhang Zhong Jing fait transpirer (20) en prenant le Tai Yang », (Song Ya Zun Sheng Quan Shu (21) - Livre complet de Song Ya pour honorer la vie). On peut dire que la vessie stocke les liquides qui vont servir à la production de Wei Qi et que son méridien, le Tai Yang, aide son transport vers l’extérieur. De plus, il semble qu’il existe un lien étroit entre la transpiration qui est produite par le Qi Hua au niveau des liquides de la vessie et le Qi défensif : « Le Yang de la vessie, transforme l’eau en Qi, il sort verticalement par le haut par la bouche, par le nez, il sort horizontalement à travers les membranes internes, se déploie dans les muscles et les chairs et se diffuse dans la peau et les poils, c’est alors la transpiration. La transpiration, est une transmutation/transformation de l’eau en Qi défensif, elle appartient à la couche du Qi », (Shang Han Lun Qian Zhu – Commentaires élémentaires sur le traité des attaques de froid). Ceci n’est pas sans rappeler le fait que les liquides Jin circulent avec Wei Qi à la surface du corps...

NOTES
(1) Le Huang Di Nei Jing (appelé aussi Nei Jing pour simplifier) est considéré comme l’ouvrage le plus ancien de la médecine chinoise. « Bible » fondatrice, il pose les fondements théoriques de la médecine chinoise en utilisant assez abondamment la théorie du Yin Yang et des cinq mouvements. Le terme Jing désigne les livres dont l’importance est capitale pour l’étude d’une matière. Selon les historiens et spécialistes chinois, les principaux textes du Nei Jing ont été rédigés pendant la période des Royaumes Combattants (475 à 221 av. jc.) puis complétés pendant les époques suivantes, en particulier sous les Han mais aussi sous les Tang. Ce n’est qu’au début des Han occidentaux (206 av. jc. à 8 ap. jc.) que l'essentiel de ces textes se serait retrouvé dans un seul ouvrage. Le Nei Jing est composé de deux parties : le Su Wen (Simples Questions) et le Ling Shu (Pivot Spirituel). Chacune de ces parties est composée de 81 chapitres. (9 x 9 : le chiffre 9 étant celui de la perfection, des choses finies et complètes). Ce classique est donc considéré comme l'ouvrage absolument indispensable pour apprendre la médecine chinoise. Il a été le point de départ des développements théoriques de très nombreuses écoles. La grande majorité des médecins célèbres qui ont élaboré cette tradition médicale sont partis de cette référence incontournable. La version actuelle du Huang Di Nei Jing Su Wen est celle qui fut remaniée par Wang Bing sous la dynastie Tang. La version actuelle du Huang Di Nei Jing Ling Shu est celle qui fut remaniée et complétée par Shi Song sous la dynastie Song du Sud.
(2) L’expression exacte est « Zhou Du ». Dans l’administration impériale ancienne, Zhou désigne un territoire administratif, qui initialement était une province, alors que Du désigne les capitales de ces provinces.
(3) Car les reins récupèrent le clair dans le trouble, le vaporisent afin qu’il monte vers le poumon pour être redistribué dans le système.
(4) Ouvrage publié en 1186 sous la dynastie Jin et écrit par Liu Wan Su (1120-1200). Dans cet ouvrage Liu Wan Su explique ses théories sur la chaleur et le feu. Il développe différents thèmes tels que la prévention (Shang Sheng), le diagnostic, les attaques de froid, la matière médicale, les maladies dues aux pervers externes, les mécanismes des maladies, la médecine interne, la gynécologie, la pédiatrie. Ce livre se veut le complément de son œuvre majeur : le Su Wen Xuan Ji Yuan Bing Shi (Règles des mécanismes et de la source des maladies basées sur le Su Wen). Liu Wan Su alias Liu He Jian ou encore Liu Shou Zhen vécu sous la dynastie Jin de 1120 à 1200. Il est le premier des quatre grands maîtres des dynasties Jin/Yuan. Il est le chef de file de « l’école du froid et du frais » (Han Liang Pai) qui affirme que les maladies proviennent principalement de la chaleur. Il fit des six pervers environnementaux que sont le vent, la chaleur, le froid, l’humidité, la sécheresse et la canicule le fondement de son système étiologique. Et parmi eux il donna à la chaleur la place d’honneur, d’où l’utilisation de substances médicinales froides ou fraîches qui donnèrent leur nom à l’école que maître Liu fonda. Cette théorie s’intitule « Zhu Huo Lun » (théorie du feu souverain). Il développa également l’idée que le Yang devient en excès à cause du principe des « transformations similaires » : le corps qui est une succession de transformations chaudes induit tôt ou tard la métamorphose de n’importe quel pervers en chaleur. Pour la chaleur interne, ses stratégies thérapeutiques visent souvent à drainer le feu du cœur et à nourrir l’eau des reins. La légende veut que Liu Wan Su ait refusé plusieurs fois un poste de haut fonctionnaire impérial pour se consacrer à la pratique de la médecine.
(5) Ouvrage publié en 610 ap. jc. sous la dynastie Sui et écrit sous la direction de Chao Yuan Fang (550-630). Ce livre est considéré comme le tout premier à présenter systématiquement l’étiologie, la pathogénie et la symptomatologie des maladies. Il fut la référence en la matière durant une très longue période. Chao Yuan Fang fut un médecin de l’Académie de Médecine Impériale sous les Sui et c’est par décret impérial qu’il écrivit cet ouvrage.
(6) Livre paru en 1594 sous la dynastie Ming et écrit par Wu Kun (1552-1620). Il est l’un des plus grands commentateurs du Nei Jing.
(7) Il est à noter que ce livre est aussi connu sous le titre « Huang Di Nei Jing Su Wen Wu Zhu » ce qui donne une traduction identique ou simplement « Su Wen Wu Zhu » que l’on traduira par « Commentaires de Wu [Kun] sur le Su Wen ».
(8) Le feu ministre est le Yang originel, le Yang véritable associé au ciel antérieur. Son rôle est de permettre la transformation du Jing (eau des reins) en Yuan Qi pour favoriser l’ensemble des fonctions des Zang Fu et des méridiens. Il est appelé ministre car il a pour objectif d’exécuter les ordres de feu empereur, c’est-à-dire le feu du cœur qui est en relation avec le Shen, la conscience organisatrice. Si l’empereur préside, le ministre exécute. C’est pourquoi ses fonctions sont fondamentales pour l’équilibre physiologique de l’organisme.
(9) Ouvrage écrit sous la dynastie Ming par Wang Shao Long (1565-1624). Son œuvre est influencée par Liu Wan Su, Zhu Dans Xi et Li Dong Yuan.
(10) Nous rappelons que Chen Nian Zu (env. 1753-1823) est un célèbre médecin de la dynastie Qing qui écrivit seize livres qui contribuèrent à la vulgarisation de cet art. Il fut aussi un brillant commentateur du Nei Jing, du Jin Gui Yao Lue (Précis du coffre d’or) et du Shang Han Lun (Traité des attaques de froid).
(11) Ouvrage publié en 1896 sous la dynastie Qing et écrit par Chen Nian Zu (env. 1753-1823) alias Chen Xiu Yuan ou encore Chen Liang You. Dans le présent ouvrage Chen Nian Zu compila les enseignements et les prescriptions de médecins célèbres et reconnus comme tels de générations en générations. Il est constitué de sept parties sur la médecine interne et sur divers maladies, une huitième parle de gynécologie.
(12) Zhang Jie Bin (1563-1640) alias Zhang Jing Yue ou bien encore Zhang Hui Qing est l’une des grandes figures de la médecine chinoise. C’est l’un des plus célèbres commentateurs du Nei Jing et on lui doit de nombreux éclaircissements sur des sujets difficiles. Son œuvre centrale est le Lei Jing (Canon classifié – sous-entendu classification des différents thèmes du Nei Jing avec explications) publié en 1624. L’autre œuvre fondamentale de Zhang Jie Bin s’intitule : Jing Yue Quan Shu (Œuvre complète de Jing Yue) publié également en 1624. Sa théorie personnelle la plus célèbre est de dire que le Yang n’est jamais en excès. Au contraire, étant à la base de la vie, il est plutôt en vide, d’où la nécessité de le renforcer. C’est pour cela qu’on fait de lui l’un des principaux représentants de « l’école de la tonification tiède ».
(13) Ouvrage contemporain écrit en 1933 par Cao Jia Da. Cet ouvrage n’a pas subit l’influence maoïste.
(14) Ouvrage contemporain écrit en 1933 par Cao Jia Da. Cet ouvrage n’a pas subit l’influence maoïste.
(15) Ouvrage paru en 1884 sous les Qing et écrit par Tang Zong Hai alias Tong Rong Chuan (1862-1918). Ce livre est considéré comme une pièce maîtresse sur le sujet des déséquilibres du sang. C’est aussi un fantastique livre de physiologie et de pathologie de la médecine chinoise.
(16) Ouvrage publié au début du XIXème siècle sous la dynastie Qing et écrit par Chen Nian Zu (env. 1753-1823) alias Chen Xiu Yuan ou encore Chen Liang You.
(17) Il s’agit de l’expression Qi Jie qui correspond aux chemins qu’emprunte le Qi pour circuler dans le corps. Jie signifie carrefour, plus précisément le « carrefour des quatre chemins ». Or, selon le Huang Di Nei Jing Ling Shu les carrefours du Qi (Qi Jie), sont au nombre de quatre : la poitrine, l’abdomen, la tête et les membres inférieurs…
(18) Ouvrage publié en 1894 sous la dynastie Qing et écrit par Tang Zong Hai alias Tang Rong Chuan (1847-1897), l’auteur fameux du Xue Zheng Lun (Traité des syndromes du sang) et du Zhong Xi Hui Tong Yi Jing Jing Yi (Essence du classique de la médecine chinoise combinée avec la médecine occidentale).
(19) Wei Yang (Yang défensif) est un synonyme de Wei Qi (Qi défensif).
(20) En cas d’attaque de la surface par les pervers externes, ceux-ci tendent à attaquer les parties Yang du corps comme par exemple la partie postérieure qui est protégée par le Tai Yang qui fait office de « mur de défense ». Dans ce cas le principe thérapeutique adapté, et mis en exergue par Zhang Zhong Jing dans le Shang Han Lun (Traité des attaques de froid), est la sudorification. La sudorification correspond à une méthode qui vise à forcer une transpiration dont les liquides vont expulser (transporter) les pervers hors du corps.
(21) Ouvrage publié en 1696 sous la dynastie Qing et écrit par Jing Ri Zhen alias Jing Ri Dong Yang. Son nom honorifique exprimant son appartenance au mouvement confucianiste est Song Ya. Médecin confucianiste et érudit, basant son étude sur le Yi Jing et les grands classiques, il développe dans cet ouvrage bon nombres de théories sur les mécanismes du Qi, le diagnostic, la matière médicale, la thérapeutique, les mécanismes des maladies, la pathologie classée selon les différentes régions du corps, la gynécologie, l’obstétrique, la pédiatrie… L’œuvre de cet auteur mal connu est sous évaluée. Elle détient, à mon sens, des informations précieuses particulièrement adaptée à notre pratique moderne.
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