Les formules modernes : Maladie de Ménière

Dans Phytothérapie chinoise

Par Philippe Sionneau

yaoshopContrairement à ce que voudraient faire croire certains, la médecine chinoise demeure une tradition vivante et active. En effet, il existe un véritable courant d'innovation, de créativité qui s'appuie le plus souvent sur les données traditionnelles pour mieux comprendre et s'adapter à nos besoins d'homme modernes. Ces praticiens, ces chercheurs, ont mis au point un grand nombre de nouvelles formules qui grâce à leur efficacité ont et pourront rendre service à nombreux patients.

Ce qui suit tente d'être un témoignage de la manière dont les Chinois utilisent leur médecine traditionnelle dans notre époque moderne. Ainsi, les prescriptions présentées dans cette série d'articles sont basées sur l'expérience clinique de médecins contemporains et ont toutes fait leur preuve en pratique. Elles sont à la pointe de la recherche médicale chinoise et reconnues comme telles.

Pour écrire ces articles, je me suis particulièrement inspiré de deux livres. Le premier s'intitule " Zhong Yi Zhi Liao Xian Dai Nan Bing Ji Cheng " (synthèse des traitements de médecine chinoise pour les maladies difficiles de notre époque moderne) écrit notamment par Zhang Ren. Comme son titre l'évoque, il présente une synthèse intelligente sur le pouvoir thérapeutique dont dispose la médecine chinoise pour traiter les pathologies " modernes ". A la fin de chaque trouble étudié, sont présentés des formules d'invention récente qui ont prouvé leur efficacité. C'est ce type de livre qui me fait penser que la médecine chinoise n'a jamais été aussi performante. Le deuxième ouvrage de référence est " Shi Yong Zhong Yi Xiao Yan Xin Fang Da Quan " (traité pratique des nouvelles formules efficaces en médecine chinoise) de notamment Yang Jing Hai. Il s'agit d'une compilation d'articles tirés des meilleures revues médicales chinoises qui présentent régulièrement les travaux et les résultats cliniques de célèbres praticiens. Je n'ai ni inventé ni modifié aucune formule et toute sont réputées efficientes.

Les commentaires sont parfois inspirés par les articles eux même, mais le plus souvent sont personnels. Car généralement les explications des revues médicales chinoises me paraissaient " trop chinoises " ou trop insuffisantes pour que le lecteur occidental saisisse le mécanisme subtil ou l'intérêt des formules. En outre, j'ai voulu dans cette section exprimer mes idées, mon expérience concernant la pratique de la pharmacopée chinoise.

Qu Long Tang
(Décoction de Herba Dianthi et de Lumbricus)

Ingrédients :

Herba Dianthi (Qu Mai), 20g, Lumbricus (Di Long), 20g, Radix Puerariae (Ge Gen), 20g, Rhizoma Acori Graminei (Shi Chang Pu), 15g, Rhizoma Cimicifugae (Sheng Ma), 6g, Scolopendra Subspinipes (Wu Gong), 6g

Mode d'emploi :

Décoction. Faire deux décoctions par jour (matin et soir) avec les mêmes substances.

Fonctions :

  • désobstrue les méridiens et conduit la stagnation
  • favorise la diurèse et dissipe la tuméfaction

Indications :

maladie de Ménière.

Modifications :

  • En cas de double vide du Qi et du Yin, descendre la posologie de Qu Mai, Wu Gong, Shi Chang Pu jusqu'à 10g, supprimer Sheng Ma et ajouter Radix Codonopsitis Pilosulae (Dang Shen), 10g, Radix Astragali Membranacei (Huang Qi), 12g, Tuber Ophiopogonis Japonici (Mai Men Dong), 12g, Radix Rehmanniae Praeparata (Shu Di), 12g.
  • En cas de forte constitution et de vertiges sévères, augmenter la posologie de Qu Mai jusqu'à 30-50g, de Wu Gong jusqu'à 10g, de Shi Chang Pu jusqu'à 25g.
  • En cas de mucosités humidité avec sensation de tête lourde, de confusion, ajouter Rhizoma Arsiaematis (Tian Nan Xing), 10g, Rhizoma Pinelliae Ternatae (Ban Xia), 10g, Bombyx Batryticatus (Jiang Can), 10g, Rhizoma Atractylodis (Cang Zhu), 12g.
  • En cas de montée du Yang du foie, augmenter la posologie de Di Long jusqu'à 30-40g, Ge Gen jusqu'à 40-60g, supprimer Sheng Ma et ajouter Spica Prunellae Vulgaris (Xia Ku Cao), 12g.

Commentaire :

Qu Long Tang est une formule complètement basé sur l'expérience clinique et ne suit pas du tout les concepts habituels. En effet, d'un point de vue académique, pour traiter la maladie de Ménière, nous devons abaisser le Yang, nourrir le Yin, dissoudre les mucosités, éteindre le vent, etc. Or ici, rien de tout cela. Les deux empereurs sont Qu Mai et Di Long. Le premier disperse les stases de sang et favorise la diurèse, le second élimine les spasmes, libère les articulations, calme l'asthme et favorise la diurèse. Aucun des deux n'est réputé traditionnellement pour les vertiges. Pourtant c'est l'observation clinique qui a permis de détecter qu'ils étaient particulièrement efficaces dans le syndrome de Ménière. Selon d'autres observations, nous savons que Ge Gen et Shi Chang Pu ont une action régulatrice sur l'oreille. Or, la maladie qui nous intéresse ici est due à un trouble de l'oreille interne. D'où la présence de ces deux remèdes. Wu Gong éteint le vent interne et favorise donc la disparition des vertiges. Sheng Ma à l'opposé de Wu Gong fait monter le Yang clair du Yang Ming pour favoriser une meilleure nutrition des orifices supérieurs et de la mer des moelles. Une formule atypique mais efficace.

Origine :

article paru dans le journal de médecine chinoise du Fu Jian (Fu Jian Zhong Yi Yao) - 1986, n°1. Auteur : Dr Wu Fu Cai.

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